jacqueline devreux

Gestation

galerie pierre hallet
33 rue ernest allard, 1000 bruxelles, belgique, + 32 475 555 831

Vernissage et présentation du catalogue
jeudi donderdag thursday 12.3.2020
6 – 9 pm

Concert de Alice Martin à 21 h

exposition du 12 mars au 3 mai 2020

 

Jacqueline Devreux, The birds

Jacqueline Devreux - la papesse - huile sur toile - 140 x 100 cm - 2019

espace

Avec cette exposition (« Gestation »), Jacqueline Devreux poursuit sa quête. Actrice à part entière du monde qu’elle habite, l’artiste nous invite à la suivre. Ne nous y trompons pas, plus qu’un simple tournant dans l’œuvre, nous assistons à une genèse, à une transformation subtile de la continuité.
Si, pour l’heure, la technique s’éloigne d’un travail empreint de la photographie pour se rapprocher plus intensément de la peinture, il s’agit bien d’un processus cumulatif. Une technique n’est pas abandonnée pour une autre, une technique en convie une autre ; elle l’appelle à la manière du musicien et du danseur où chacun invite l’autre pour que s’exprime l’harmonie. Les coups de pinceau francs et nets, parfois brossés, ne couvrent pas totalement le glacis photographique, l’animalité questionne l’humanité, l’autoportrait assume l’incarnation.
Par une pratique quotidienne de son art pluriel, Jacqueline Devreux danse les humains et les non humains. L’œuvre s’étoffe d’une réflexion sur la texture en deçà du sujet. Qu’est-ce qui fait peinture ? La requête de la matière. L’artiste ne conceptualise pas mais expérimente et tourmente ses pigments. Les couleurs jaillissent, vibrantes et fières. La tâche est rude, voire épuisante mais le résultat est fulgurant. De discrets clins d’œil marquent un compagnonnage avec divers artistes qui l’émeuvent. Jacqueline Devreux joue un cache-cache érotico-humoristique avec autant de références à découvrir et reconnaître.
Les toiles s’ouvrent sur le bleu d’un ciel intense, elles clament une liberté choisie, célèbrent l’éclosion du féminin. Les corps affirment leur présence. Parmi eux, nouveauté dans l’œuvre, des corps masculins paraissent.
Ceux qui suivent et contemplent l’œuvre en marche de Jacqueline Devreux reconnaîtront ici l’artiste et l’inlassable exploratrice.

Anne-Marie Vuillemenot

Instantané

Jacqueline a les yeux rivés sur son écran, tout en écoutant une ‘master class’ au sujet d’un de ces films des années ’50 qu’elle affectionne particulièrement.
En même temps, elle visionne les innombrables prises de vues qu’elle a réalisées la veille avec ce modèle dont les mystères étaient si lents à capter.
Sur le côté de son bureau, un capharnaüm : photos de jeunesse, photocopies découpées, essais de montages, crayonnés, livres ouverts, crayons, pastels, café froid.
Sur l’écran du Mac, aussi, des essais de mise en page, beaucoup. Il est 5 h 30 du matin, l’heure vierge.
De ces heures bénies où ni moi ni personne – sauf les chats – ne la dérange, sortiront soit un dessin soit un tableau, ébauché, déjà effacé – c’était raté! –, promesse de quelque chose, parfois tout à fait terminé – un bon jour...

L’inspiration

Elle se nourrit de tout : l’actualité, une discussion avec les amis, une rencontre, un film, une conférence, nos échanges, des musiques et des chansons de tous les genres possibles. Des images, surtout, fixes ou en mouvement.
L’humain reste cependant au centre de son intérêt.
Jacqueline trouve ses modèles dans toutes les circonstances possibles : ce sont souvent des connaissances, parfois des inconnus racolés au gré de ses déambulations, ou quelques personnalités qui a priori l’intriguent.

L’ébauche

Les photographies sont pour la plupart prises par Jacqueline qui dirige seule les séances de pose. D’autres fois, elles sont volées sur le net, disséquées et recomposées, mélangées à ses propres prises pour former la base de son travail. Elles seront parfois publiées telles quelles, si elle estime que le médium ne permet pas d’aller plus loin.

Le résultat

Ce matériel trituré peut donner naissance à un dessin au crayon, avec cette précision de trait si particulière, cette incision du papier perceptible seulement à la loupe, cette profondeur des noirs qui donnent un aspect de gravure à la pointe sèche.
Ou... à un tableau, qui depuis quelque temps – et très soudainement – lui aussi s’affranchira des codes de la photographie pour s’immerger dans la matière, le spontané, la peinture.

R-évolution

Le présent catalogue a été imaginé à quatre mains. Il peut se lire comme une évolution chronologique de la peinture de Jacqueline Devreux, mais aussi s’envisager comme la narration d’une révolution personnelle. Ou comme un puzzle dont les œuvres et leurs titres sont autant de pièces, et dont chaque pièce porte une signification propre.
Mais cette signification reste le secret de Jacqueline. Au regardeur, elle laisse le soin de se forger la sienne.

Pierre Hallet
© www.jacquelinedevreux.be